Interview de Julie – le contrôle de circulation aérienne

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En 2018, l’armée de l’air recrute 52 sous-officiers contrôleurs aériens.

Mais quelle est la différence entre les métiers de contrôleur : de circulation aérienne, de défense aérienne, en route, sur Awacs et projeté ? Cette semaine, nous partons à la rencontre de la capitaine Julie, spécialiste du contrôle aérien.

 

Bonjour Capitaine, pouvez-vous nous expliquer en quoi consiste le métier de contrôleur de circulation aérienne ?

Tout d’abord, il faut bien différencier la « circulation aérienne » des « opérations aériennes ».Le contrôleur de circulation aérienne gère les arrivées et les départs des aéronefs sur les aérodromes militaires et leurs zones d’approche. Le contrôleur des opérations aériennes prend le relais dès que l’aéronef est sorti de cette zone.

Le contrôleur de circulation aérienne travaille en équipe, dans une tour de contrôle implantée sur une base aérienne. Il gère tout mouvement d’aéronef sur la piste et dans l’espace aérien qui lui est dévolu.

 

Comment est délimité cet espace ?

Il faut imaginer ça comme un volume, un cylindre d’environ 40 kilomètres de diamètre (20 km de rayon). Le ciel est une immensité très organisée. Tout le trafic aérien dans cette zone est géré depuis la tour de contrôle.

 

Comment le contrôleur de circulation aérienne travaille-t-il avec le pilote ?

Le rôle principal du contrôleur de circulation aérienne est de s’occuper des avions implantés sur sa base aérienne. Lorsque le pilote part en mission, c’est le contrôleur qui l’autorise, ou pas, à « mettre en route » et le guide ensuite pour le roulage jusqu’à la piste. Le contrôleur lui précise également la météo et la direction du vent ou encore la pression atmosphérique et la direction à prendre. On organise le trafic et pendant cette phase, le pilote suit les directives du contrôleur.

 

Le contrôleur a-t-il un rôle à jouer dans la phase d’atterrissage ?

Bien sûr ! Particulièrement lorsque la météo est très dégradée et que le pilote n’a aucune visibilité, il se repose entièrement sur les indications du contrôleur qui utilise alors un radar de précision et l’accompagne jusqu’à ce qu’il touche la piste. Le radar matérialise la courbe optimale de descente et permet de voir exactement où se trouve l’avion par rapport à ce trait. Le contrôleur donne au pilote toutes les indications nécessaires pour qu'il puisse corriger sa trajectoire jusqu’à ce que les roues touchent le sol.

 

En dehors de ces conditions particulières, le travail du contrôleur est-il routinier ?

Au contraire !!! Les phases de décollage et d’atterrissage sont particulièrement délicates. Plus on est proche du sol et plus ça peut devenir critique. Des missions entières sont d’ailleurs dédiées à des tours de piste, avec 15 à 20 décollages et atterrissages en 1 heure de façon à ce que les pilotes maîtrisent parfaitement ces phases. Durant tout ce temps, le contrôleur continue à transmettre régulièrement sur la force et la direction du vent qui peut changer d’un instant à l’autre et a une influence sur leur trajectoire ou la manière de contrôler l’avion. Il faut aussi gérer le retour de mission d’autres avions…

 

Ces procédures sont-elles difficiles à gérer ?

C’est tout le contraire. Elles sont indispensables au contrôleur pour l’aider à faire face à toutes les situations. L’intérêt des procédures, c’est qu’elles laissent très peu de place à l’imprévu. Il est impératif que tout soit « carré » pour que lorsqu’un imprévu survient, on puisse vraiment se concentrer dessus.

 

Le travail de contrôleur de circulation aérienne comporte-t-il d’autres aspects ?

Effectivement, il gère les avions, mais aussi la plate-forme et ce qui gravite autour. Il faut tenir compte de la présence permanente des pompiers de l’air, des opérateurs de prévention du péril animalier, faire en sorte que l’avion au roulage ne rentre pas en collision avec le tracteur qui est en train de tondre la verdure aux alentours du taxiway, etc. Il y a beaucoup de mouvement sur une plate-forme.

De plus, le contrôleur va lui-même inspecter la piste pour vérifier le balisage et faire des tests de dérapage pour contrôler le verglas par exemple. Le contrôleur doit renseigner au mieux le pilote pour que sa mission puisse se dérouler dans des conditions de sécurité optimales. Il a la responsabilité de dire si besoin « négatif, la piste est inutilisable » ou « la météo est telle que vous ne pouvez pas décoller ou atterrir » !

 

Selon vous, quelles qualités particulières sont nécessaires pour devenir contrôleur de circulation aérienne ?

Les pilotes font une entière confiance aux contrôleurs car ils se reposent totalement sur eux. Donc, la qualité primordiale que doit avoir un contrôleur, c’est la capacité à gérer son stress, de façon à permettre le posé de l’avion en toute sécurité. Il faut se dire que lorsqu’il se pose, le pilote rentre parfois d’une longue mission de combat et s’est pris des G durant de nombreuses heures. Il est alors totalement épuisé et son « seul phare dans la nuit », c’est le contrôleur.

En 2018, l’armée de l’air recrute 52 sous-officiers contrôleurs aériens.

 

 

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